FATAL DESTIN ... Episode 2

Dans ce deuxième épisode, une leçon de poésie qui va tuer vos races, par Boudin, la suite des fatales aventures des Fatals Destins, et le supplément bihebdomensuel Femme et Fane.
Trois trucs à lire sur la même page, un exploit qui se renouvellera tant que Notre Seigneur Dieu le voudra bien.



La rubrique féminine de l'épisode 1

Chers amis, chers envieux,

Cette bisemaine, soyons un peu sérieux dans Femme et Fane.
Je reçois des mails par dizaines d'unités et vous semblez vouloir tous connaître la même chose... Je vous parlerai donc de l'histoire des Fatals Picards.

Il était une fois (les belles success stories commencent toujours par "il était une fois" et se terminent par "et demain tu seras là"), il était une fois cinq musiciens qui décident de devenir célèbres du jour au lendemain.

Boudin découvre son nouveau super pouvoir : sa sueur rend les gens flous ...
Saura t'il s'en servir lors d'un prochain combat ?
Ne manquez pas le prochain épisode des chevaliers de la Croix de Javel !


Le lendemain, bien que rien n'ait changé, ils persévèrent. Le succès presque immédiat de leurs jolies chansonnettes auprès de leurs proche les fait rêver à une réussite artistique lente mais fervente auprès de leurs lointains. Leur profonde Rock 'n Roll Attitude (pas

d'alcool, pas de drague, peu de groupies, une trouille monstrueuse équilibrée par un manque total de motivation) séduit immédiatement leur future maison de disque. En quelques jours, pas le lendemain comme prévu, mais pas loin quand même, et sans aucune raison valable, ils sont propulsés au premier rang, à Jersey, où les fans les suivent comme des moutons. Sur le marché français, ils se font attendre.
Le prochain album des Fatals picards est enregistré aux States. Dans une cave miteuse à l'acoustique déplorable, mais aux Etats-Unis, alors ça compense. L'acoustique des Etats-Unis est bien meilleure, c'est du à la forme du pays qui ressemble à une guitare. La forme de la France est nulle et ne fait penser à rien. S'ils avaient choisi un studio, même un super studio à Paris, ça aurait forcement été nul. Il y a des choses qui ne s'expliquent pas, c'est comme ça.

Ce qui me frappe dans cet album, c'est le boîtier : il s'ouvre super mal, et alors on force, et ça vous frappe la main d'un petit coup sec et douloureux. Sinon, rien, c'est un bon album. Et vu l'ambiance sympathique pendant l'enregistrement, il est évident que cette joie de vivre vous envahira à l'écoute du CD. Des blagues, des fous-rires, comme lorsque Ta Mère a appris que toutes les pistes de guitare et de basse avaient disparu du disque dur. Tout ça quoi, des anecdotes marrantes...
J'ai un feeling de ouf sur cet album. C'est dire.
Certains critiques affirment déjà dans la presse que leurs chansons "sonnent comme du déjà entendu". C'est de leur faute, ils z'avaient qu'à pas venir aux concerts avant d'écouter le CD.

A bientôt,
Sportez-vous bien,

La femme de Ta mère


Fatals Destins

Aujourd'hui les Fatals Picards dans "La femme de ta soeur est moins grosse que mon chien"

 

 

 

 

Encouragés par une émission de Michel Chevalet qui trainait par terre, les Fatals Picards décident de réparer la station MIR.   

 

 

 

 

 

 

 

 

  Ils décident d'abord de faire appel à leur nouvelle calculette pour calculer l'épaisseur des planches qu'il va falloir utiliser.  
 

 

 

 

 

Alors même qu'il s'apprettent à clouer les permière planches, ils découvrent des révélations très intéressantes dans l'opuscule "Le Giscard de tous les jours".  
   
  Boudin, effrayé par la sensualité qui déborde du livre décide de laisser Cinoc seul avec Giscard.  
 
  Il déclare à qui veut le savoir qu'il attendra désormais la fin du monde sur son canapé.  


Poésie : Cassandre froide

Ce mois-ci, j'ai décidé de vous donner une petite leçon de poésie.
Avant de vous faire profiter de mon talent propre, je vais commencer par corriger ce qu'il est convenu d'appeler un "classique de la poésie française". En l'occurrence, "à Cassandre", de Ronsard.
Des générations d'écoliers ont subi ces vers. Grâce à moi, ça sera maintenant un plaisir, et une révélation de ce qu'est le vrai lyrisme.

"Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose"
Bon, alors là, le moins qu'on puisse dire est que ça commence très mal : il faut dire "était éclose", ou alors "avait des clauses". Pour ma part, je ne comprends pas ce que ça peut bien vouloir dire, mais ça doit être ce qu'on appelle une licence poétique. Passons.

"Sa robe de pourpre au soleil"
N'allons pas plus loin ! Personne ne va comprendre ça, mon petit Pierre. J'ai regardé dans le dico, pourpre, ça veut dire rouge. Alors te fais pas chier, dis rouge. C'est plus simple, et tout le monde comprend.
En plus, une rose n'a pas de robe, ou alors très rarement, et ce serait qu'un malade mental la lui aurait mise. Et encore, c'est très peu probable: imaginez le boulot pour faire une robe qui aille à une rose. Il faudrait un malade mental qui soit en même temps un très bon couturier. Personnellement, je n'y crois pas. C'est des trucs de poète de mes couilles qui pète plus haut que son cul, ça. Disons "pétales", c'est plus vraisemblable.

"Et son teint au vôtre pareil"
Ah, O.K., là, il lui dit qu'elle est rougeaude. Si ça, c'est de la poésie… Moi, j'appelle ça de la goujaterie. Enfin, ce que j'en dis.

"Las ! voyez comme en peu d'espace"
Bon. Déjà, "las", ça ne veut rien dire et ça ne sert à rien. Ensuite, on ne comprend pas. Comme je suis sympa, je vous traduis: "Regardez comme elle prend pas de place". C'est quand même plus compréhensible.

"Mignonne, elle a dessus la place"
Ca a failli être clair. Heureusement, je suis là pour décoder: "mais comme elle est belle, elle prend quand même le dessus".

"Las, las ! ses beautés laissé choir"
Je préfère penser qu'il s'agit d'une faute de frappe. De toute façon, les "las", c'est pas plus utile que deux lignes plus haut. Hop ! on zappe ! Bon, sinon, mon petit Pierre, il faudrait voir à mettre au moins un verbe par phrase. Ca aide à la compréhension. "Ses beautés tombent". Et hop, merci qui ?

"Ô vraiment marâtre nature"
"Vraiment, la nature est pas cool"

"Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !"

Là, rien à dire (à part deux fautes d'orthographe)

"Donc, si vous me croyez, mignonne"
Là, je biffe "mignonne", voir plus haut. Je le remplace par "jolie", vous allez comprendre pourquoi.

"Tandis que votre âge fleuronne"
Là, c'est bien clair pour tout le monde, normalement, c'est "fleurit", mais voilà, ça rime pas avec "mignonne". Alors ni vu ni connu, le petit père Ronsard, il nous a collé un "onne" à la fin, en se disant qu'on n'y verrait que du feu. C'est un peu facile.
Pourtant, il y avait mieux (c'est pas dur) : nous, on a remplacé "mignonne" par "jolie". Eh, mais ça tombe super bien : ça rime avec "fleurit". Eh ben voilà, c'est quand même moins con comme ça. Ne me remerciez pas.

"En sa verte nouveauté
Cueillez, cueillez votre jeunesse"

Décidément, notre maudit "poète" n'a pas peur de se répéter. On élimine le deuxième "cueillez".

"Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté"

Enfin une phrase qui se tient à peu près. Bon, on peut bien y voir un côté Yoda, on inverse des bouts de phrase pour que ça rime, mais ça a quand même une autre tronche que le reste du poème. Soyons donc indulgents…

Voilà, au final, ça donne ça:

"Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait des clauses
Ses pétales rouges au soleil
Rougeauds comme vous, pareil
Regarde comme elle prend pas de place
Mais comme elle est belle, elle prend quand même le dessus
Ses beautés tombent
Vraiment, la nature est pas cool
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusqu'au soir
Donc, si vous me croyez, jolie
Tandis que votre âge fleurit
En sa plus verte nouveauté
Cueillez votre jeunesse
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté."

Moi, je vous le dis, c'est quand même autre chose.

Bon, c'est pas tout ça, place à la vraie poésie. Voici quelques vers de mon cru. Ca s'appelle "Fugace fougasse" (pour votre gouverne, le truc avec fougasse et fugace, en termes de métier, on appelle ça une allitération):

"Où vas-tu, petite gloutonne, toi qui chemines sur les chemins de la vie ?
Ton cerveau est un abîme insondable dans lequel je me noie
Ta voix quand tu te tais est comme un silence qui ferait du bruit
Fais-moi goûter ton flan, je te ferai manger mes noix

L'esclave de tes pensées ne sera jamais asservi par tes songes
Tombe donc les vêtements de ton âme, dénude les circonvolutions de ton cerveau
Si tu acceptes d'être ma Noireaude, je serai ton p'tit veau
Et si tu veux pas du fruit de notre union, je te mettrai une éponge

En janvier, je suis en février de ne pas te voir, tout passe, tout glace
Et ces imbéciles qui t'ont quittée et dont j'ai pris la place
Je mangerai les croûtes des plaies du coeur qu'ils t'ont laissées
La carapace de tes sentiments a l'épaisseur du rhinocéros, mais je la percerai

Le trou que tu as entre les contours de tes lèvres est l'abîme où je m'oublie
Tu es mon soleil, mais à l'intérieur de toi, il pleut
Qui veut gagner les millions de reflets de tes yeux ?
Moi : je suis fou, fou de toi, fou d'amour, fou de folie"

C'est la classe américaine, non ?

Boudin

 

 

 

 

 

 

Les Fatals Picards décident de cuisiner à l'étouffée ...    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
 
  Découragés par le destin, ils renoncent...  

 

Textes, photos et musiques : les Fatals Picards 2001

 

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